Il y a des souvenirs, et des flash, des images plus que des moments. J'ai toujours eu une mémoire bien plus visuelle qu'auditive et c'est dans ces moments là que j'en suis heureuse.
Six mois plus tard, je me souviens de tout, pas seulement grâce à ma mémoire soit, car on sait qu'il ne se passe pas deux semaines sans que j'évoque ce souvenir avec les personnes concernées. Je ne pourrais décrire ce que ce souvenir commun signifie. On a essayé avec les filles, de comprendre, de savoir pourquoi c'était si fort, si puissant, si particulier. J'ai vécu tellement de choses extraordinaires cette année, avec des personnes tout autant extraordinaires, alors pourquoi ? Probablement parce que c'était la première fois, la réalisation de tant de rêves, soudainement, et tout ça entourée de trop de personnes extraordinaires, dans un monde totalement ailleurs bien qu'on soit restées sur le continent. Je ne sais pas, en tous cas, je n'oublierai jamais...
Je n'oublierai jamais ce trajet en bus, cette peur au ventre, ce sentiment d'accomplir quelque chose qu'on a attendu pendant trop longtemps. Je n'oublierai pas le plaisir de voir toutes les filles avec leurs valises, mon obstination à jeter un ½il dans chaque recoin de la gare des bus, comme si les garçons allaient en sortir. Ce fou-rire à l'auberge de jeunesse à cause de la fille qui dormait déjà, cette course folle pleine d'inquiétude pour trouver la salle ou des taxis, ces retrouvailles devant le Paradis, les numéros, le fait que qu'importe ces numéros, on ne s'inquiétait de rien car on était enfin ensemble. Je n'oublierai jamais les larmes que j'aurais laissé couler dans le Burger King si Adeline ne m'avait pas arrêtée. Chanter High School Musical dans le parc. Prendre nos douches toutes ensemble en écoutant McFLY. L'opération Broccoli/Fludd. La banquette Secret Story sur la terrasse. « Cla ! » « Quoi ? » « Elle ronfle, ça fait du bruit ! » « Tu crois que c'est Julie ? » « Et non c'est pas moi ! ». Le réveil, ces quelques minutes sur les fauteuils autant rongés par la vieillesse que nous l'étions par la peur. Je me souviendrai toujours de notre cri commun lorsque les hollandaises se sont mises à écouter DGAO, alors qu'à ce moment là on avait aucune idée de ce qui nous attendait. Les SFF. L'enclos. La barrière qui ne semblait pas indispensable tant que nous l'avions ensemble. Les toilettes. Je n'oublierai pas ces quelques heures passées avec Cla, mes documents et des frites, à attendre des garçons qui nous sont passés sous le nez. La photo de Tom. « Hey Manon, on sait où ils sont à l'hôtel ! » Notre petit jeu stupide que l'on a jamais finit. L'ouverture des portes. La batterie. Cla et la fille en rouge. Giu et Domi. Sab et Alex au dessus de nous, telles des anges gardiens. L'arrivée de Harry, des garçons. Je n'oublierais jamais le sentiment qui s'est emparé de moi alors que les simples mots « Putain mais ils sont tous sublimes ! » sortaient de ma bouche. Je n'oublierai pas le regard compatissant de Julie au début de Falling in Love, ni la main de Giu fermement serrée dans la mienne. Le regard Fludd qui nous scotcha Cla et moi. La tête de Julie à l'annonce de POV. Et puis... L'une des choses qui ne sortira probablement jamais de mon esprit, « Did the best... », traumatisme, je ressens encore ma douleur, alors que les larmes provoquées par FIL n'avaient pas quittées mon visage. Les mêmes cris de surprise que durant la matinée et surtout, ma pensée pour Adeline, mon envie de me téléporter près d'elle pour vivre cela avec elle. Je me souviens avoir regarder autour de moi, et voir la plupart des gens pleurer. Je me rappelle des trois Danny's autour de moi et des insultes qui fusaient. Le Floynter sur Obviously. Le cri de Giu sur un des nombreux moments Pones. Le torse de Harry, deuxième édition. Mon c½ur qui s'arrête un peu trop souvent. La fin du concert. Junes qui jouent au foot, Dieu si près. L'envie pressante de rejoindre les autres filles, les retrouvailles. Je crois avoir fondu en larmes chaque fois que j'en voyais une nouvelle. Je me souviens de la photo Floynter que m'a montrée Sabrina sur la route du Burger King, et de l'hystérie qu'elle a du subir. Du coup de fil à Hélène et son fou rire lorsque je l'informe de DGAO. De l'hôtel. C'est là que les flash arrivent, car la notion du temps a totalement disparue. Je me souviens de ce sentiment, je n'espérais pas, j'avais bien trop été traumatisée par le concert, cela m'avait suffit. Et puis, le beau-papa Bouvier... L'apparition de Danny en même temps que l'exclamation « Y'a Danny ! ». La prise de conscience puis de décision. L'apparition soudaine de Dougie et Tom, mon mouvement de recul puis... « Hello ! », le sourire de Tom, sa gentillesse, ses compliments sur le dessin, Dougie qui se penche pour regarder de quoi il s'agit lorsque Tommy s'en empare. Je n'oublierai jamais la lecture de la lettre des filles, l'expression sur le visage de Tom, son « I'm so sorry », traumatisant, déchirant, douloureux. Dougie. Tom&Dougie. Les marches qui se rapprochent trop rapidement, la simple idée qu'on va me prendre pour une folle, le regard inquiet et surpris de Tom lorsqu'il se tourne vers moi. Tom qui prend ma lettre, me passe la main sur mon bras en me promettant de la lire. Mon c½ur qui s'emballe. Danny, Danny qui chante lorsque je lui parle de ma s½ur, qui signe deux fois sa photo, et son « I will meet them ! » à l'attention de Tommy. J'ai un flash de son sourire lorsque Cla prenait sa photo avec lui, trop loin pour entendre ce qu'il se passait, je n'ai pas eu conscience qu'il venait de tuer Giu. Mais je n'avais besoin que de les regarder tous les trois, et j'étais un peu plus heureuse encore. Je me souviens de leur départ, des larmes de certaines, des sourires des autres, de mon envie de voir Harry. Le retour des garçons. Le « I've got your letter ! » de Tom, alors que je ne lui avais rien demandé, en posant sa main sur son coeur, ou plutôt sur la poche de son manteau dans laquelle se trouvait ma lettre. Je n'oublierai jamais le « I can't smile » de Dougie, son sourire, et encore une fois, même de loin, je n'ai pas eu besoin de plus pour être heureuse, car je savais que toutes les filles avaient ce qu'elles voulaient.
Tom qui fantasme sur l'hamburger de Cla, qui sort son porte-feuille à la recherche d'un médiator, les pièces de monnaie de Tom Fletcher. Ce qui, par contre, ne sortira jamais de mon esprit même si je devenais amnésique, c'est cette envie qui me rongeait, ce besoin de prendre une photo moi-aussi, ma photo. Je n'ai pas lâché Tom, j'étais seule face à mon envie, et j'ai finalement pris mon courage à deux mains. Je me souviens de Tom qui pense que je veux une nouvelle photo avec lui, avant que je n'ajoute que je veux que l'on soit trois sur la photo. Et je n'oublierai pas son bras que j'ai vu passer dans le dos de Dougie, qui m'a bloquée et presque donné envie de les laisser à côté et de me mettre à l'extrémité. Cet instant juste entre eux-deux, les sourires des filles, mon moment Tometdougie immortalisé. Puis leur départ. Je me rappelle avoir danser la valse avec Sabrina devant la fenêtre où ils buvaient un coup. Je me souviens avoir détaillé leur visage, capturant dans ma mémoire un moment Floynter que moi seule aurait eu la chance de voir de cette manière. La sortie de Dougie, l'envie que les filles aillent le voir, l'improvisation sur Sorry's, et Adeline qui part. Je n'avais encore une fois pas besoin d'y aller moi-même, car je savais que les filles passaient un moment inoubliable. Et puis les garçons qui s'en vont. Estelle et moi qui retournons devant l'hôtel. Le signe de main de Dougie, puis celui de Tom. La tête d'Estelle, ma chute. Tout ensuite s'est enchainé très vite, les au revoir, la recherche du taxi, le retour à l'auberge, la nuit agitée mais apaisante, l'impression des photos à la gare, le retour en bus, le conducteur boloss, les photos étalées sur la tablette, la mamie pieds nus, les cookies « Viens avec nous ! », Julie qui sursaute, l'arrivée à Paris, la fin d'un voyage, avant qu'un autre commence.
Amsterdam, ça rime pas avec grand chose, mais on sait quel effet sa simple évocation a et aura sur nous.
Joyeux 6 mois.